SYLVAIN DUPORT
Sylvain Duport, 26 ans, a commencé à s'intéresser à la Bourse il y a environ six ans. Après avoir connu quelques déboires au moment de l'explosion de la bulle Internet en 2000 et décroché un troisième cycle en finances et marchés des capitaux, il s'est progressivement consacré à plein temps au trading en prenant des positions sur le SRD. Il s'est notamment distingué en remportant le concours boursier annuel organisé par Cortal en 2004, grâce à une performance de plus 3.000 % de son portefeuille d'actions.
Comment définiriez-vous votre activité ?
Sylvain Duport : - Je consacre aujourd'hui l'essentiel de ma journée au trading, qui nécessite une bonne connaissance des marchés boursiers, un certain sens de l'observation et du sang-froid. J'opère sur le marché français, et particulièrement sur les valeurs éligibles au SRD.
Ce type de titre bénéficie d'une liquidité suffisante pour pouvoir être réactif et déboucler rapidement une position. Le système de règlement-livraison du SRD offre également un levier intéressant.
Je prends 85 % de mes positions dans un intervalle de temps compris entre un jour et un mois, c'est ce que l'on appelle du swing trading. Les 15 % restants portent sur des opérations d'aller-retour quotidiennes. J'ai fait ce choix après avoir constaté qu'une tendance intrajournalière pouvait souvent se confirmer sur plusieurs jours.
Quel est votre « modus operandi » ?
- Mon approche repose sur un mélange entre un minimum d'analyse fondamentale et une forte utilisation des outils techniques et graphiques. Lorsque je débute ma journée, je m'informe sur les principaux points d'actualité boursiers, économiques et financiers qui seraient susceptibles d'orienter la tendance. Je m'intéresse notamment aux données macroéconomiques américaines comme le taux de chomâge ou encore l'évolution du PIB, mais je suis aussi de près la parité euro-dollar, qui constitue un bon indicateur sur les marchés parisiens.
Les nouvelles me servent surtout à comprendre ce qui se passe. Plus globalement, je vais prendre des positions sur plusieurs jours (en swing) sur des valeurs qui sont belles à la fois graphiquement et fondamentalement car il vaut mieux privilégier des titres qui pourraient faire l'objet d'un flux d'information positif. Pour donner un exemple, je préférerais actuellement acheter du Soitec entre 6 ou 7 euros qu'à l'époque où l'action cotait 4,5 euros, dans un contexte moins favorable.
Après avoir repéré un titre, j'essaie de déterminer une tendance graphique à long terme qui correspond à une période de un à deux ans. Je découpe le temps pour valider la tendance et vérifier si je peux aussi être acheteur à moyen et à court terme. Si le marché est haussier, je ne prends pas de positions courtes et je me concentre sur tous les signaux haussiers.
A titre d'illustration, lorsqu'une phase de consolidation se forme alors que le courant semble acheteur, l'objectif est d'anticiper le mouvement du marché en le devançant. J'achète près du support de la consolidation pour tenter d'entrer au plus bas.
Les configurations chartistes que j'utilise le plus souvent et qui me permettent de déterminer des signaux d'achat sont des configurations en triangle et en drapeau. Je rentre donc une première fois avant la formation du signal.
Si on casse la borne basse, aussi appelée support, je solde les positions. Je vends lorsque la perte sur l'opération atteint 3 %. Si cela marche, je vais me renforcer et j'aurai une certaine avance par rapport au marché. Ensuite, en cas de confirmation de tendance, je me renforce une troisième fois et je sors ensuite en une seule fois.
J'utilise également beaucoup les carnets d'ordres pour déterminer les bornes hausses et basses en fonction des volumes échangés. D'une manière générale, je joue sur les valeurs les plus volatiles du SRD, comme Business Objects, Capgemini, Alcatel, Soitec, ou encore des titres tels qu'Infogrames et Eurotunnel.
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