Bonjour à tous, et j'espère que vous avez passé de bonnes fêtes.
J'ai 3 questions toutes simples, mais auxquelles j'ai pas de réponses.
1. On dit que les banques ont un problème de liquidité.
- Comment est-ce possible étant donné que ces dernières années ces mêmes banques sont supposées avoir réalisées des bénéfices records ?
2. Alors que les BC communiquent beaucoup sur le fait qu'ils relachent de la liquidité sur les marchés...Une simple analyse sur pro-at montre que c'est faux....
Si c'est le cas, s'agit-il vraiment d'une crise des liquidités ?
3. Tiens un dernier pour la route. Le cour du pétrole bat des records à cause du phénomène du "peak oil"...Qui annonce la fin du pétrole.
Mais on devrait avoir en parrallèle une baisse de la valeur des stés pétrolières...Puisque plus de pétrole = plus d'activité = plus de valeur...
Or, en aucune façon, les stés pétrolières n'ont baissées. Mieux, elles ont pris de la valeur proportionnelement au reste du marché...
Alors....Des réponse ??...
Zamiatine
Commentaires
Salut Zamiatine,
il est vrai que les banques n'ont pas chuté sévèrement en une fois mais perdent régulièrement 3 voire 4% (... ou 8%). A mon avis c'est que tout simplement le marché ne sait pas évaluer le montant des pertes. Et à chaque mauvaise nouvelle, les titres bancaires chutent en proportion de la nouvelle information qui vient d'arriver. Si le marché avait su dès le début à combien les pertes se seraient définitivement figées, les prix des bancaires auraient chuté énormément en une séance, point barre.
Non seulement les investisseurs lambda ne peuvent évaluer le montant des pertes, mais mêmes les banques qui sont les plus informées ne le peuvent pas. Ni les agences de notation (dont les conflits d'intérêts dans cette affaire sont réels). La titrisation a rapporté tellement aux banques et à ces mêmes agences qu'elles deux se sont lancés là dedans sans trop réfléchir sur un ralentissement ou sur un arrêt brutal. Si bien qu'aujourd'hui elles se trouvent désemparées.
Aujourd'hui les banques ont mis en place des systèmes de valorisation pour "pricer" les créances. Ce prix dépend des données macro-économiques ayant un impact sur la capacité de remboursement (taux de chômage, croissance du pib, taux de productivité...). Donc le montant des créances douteuses peut continuer d'augmenter sans que les banques n'y puissent rien. Et cela n'est pas fini puisque de nouveaux ménages américains vont voir leur taux d’emprunt passer de fixe à variable donc de nouvelles créances douteuses vont apparaître. Et rebelote si les Usa tombent en récession. Bref le prix des bancaires peut continuer à baisser.
Mais je suis d'accord avec toi, on peut reprocher aux banques de ne pas avoir su anticiper un ralentissement de l'activité de la titrisation, surtout que ce ralentissement vient d'un marché connu de tous, l'immobilier. Et ce n’est pas la 1ere fois que le marché immobilier chute. Elles ont fait preuve de bcp de naïveté. La tentation de gagner un max était trop grande.
Une dernière chose pour finir, l’incertitude pèse sur les marchés. Monétaires puisque les banques ne veulent pas se prêter mutuellement. Et actions dans la mesure où tant que les investisseurs ne sauront pas combien les Subprimes coûteront au final, ils ne souhaiteront pas investir sur les bancaires. Une décote psychologique mais bien réelle.
A bientot !
Just
est il possible de devenir trader aussitot notre étude términer?
le cas échéant vers quels proffesion s'orienter?
Bonjour,
j'apprécie beaucoup votre approche distanciée du trading et votre façon de poser les bonnes questions. Votre question à propos du manque de liquidité des banques rejoint une prédiction que je fais sur la communauté des traders.
Pour moi, la logique du trading s'apparente à celle d'un type de communauté que j\'appelle "communauté compétitive", qui ne peut fonctionner qu'à la condition d'être alimentée en ressources sans cesse croissantes par l\environnement extérieur. Donc, selon ma prédiction, le "manque de liquidité d'une banque (donc d'une équipe de traders) est une mesure relative : l'indicateur à prendre en compte est la somme de la liquidité totale au plan mondial. Si mon approche est correcte, cette somme croit régulièrement, au détriment de la somme mondiale des investissements productifs.
Ce genre de communauté compétitive est très répandue dans les grandes entreprises, en tant que communauté de chefs de projet. Ce genre de communauté de chefs de projet, lorsque le nombre de projets reste constant, éjecte les membres à faible rang. Donc cela entraîne un gachis RH et humain important. Cela m'a amené à concevoir, avec un DRH de Bull, un logiciel de gestion coopérative des chefs de projet, permettant de passer d'une logique de compétition à une logique de coopération.
c'est votre blog qui m'a poussé à franchir le cap et à investir quelques économies en bourse... Merci !
Pour revenir sur la question du pétrole. Je travaille pour une société d'équipement des puits (Vallourec pour la nommer). Les cours du pétrole montent, ce qui permet d'exploiter de nombreux gisements qualifiés "non rentables" il y a dix ou vingt ans. En effet, les investissements conséquents pour les exploiter seront rentabilisés plus rapidement si le baryl est cher. Il faut savoir que les compagnies pétrolières (Je le sais en tous cas pour Total) exploitent de nombreux puits non rentables aujourd'hui mais elles tablent sur une augmentation des cours dans le futur qui leur permettra plus tard de rembourser ces pertes et de tirer des bénéfices. dans cette optique, il y a encore énormément de pétrole techniquement exploitable et financierement potentiellement rentable.
Le leitmotiv dans le pétrole c'est de dire "Il y a 30 ans on prévoyait la fin des réserves pour 30ans, aujourd'hui on la prévoit pour 30ans et dans 30ans on la prévoira dans 30ans !"
Ca devient de plus en plus faux mais je ne crois pas le Peak Oil soit déjà une explication rationnelle aux cours du brut. D'autant plus, que les compagnies pétrolières privées (différent des compagnies nationales du moyen orient) rééquilibrent leur production de gaz pour se donner encore un peu plus de marge dans le temps pour préparer la transition.
Concernant Total, le groupe se diversifie de plus en plus notamment sur le solaire et le charbon propre. Ce qui tend au moins à faire bonne figure face aux investisseurs sceptiques quant aux prix du pétrole. EM, BP réagissent également avec un temps de retard.
La question à se poser est plutot la suivante :
Les leaders du marché de l'énergie d'aujourd'hui seront-ils capables garder les cartes en main après la mutation vers d'autres types d'énergie?
Je pense que c'est en effet le cas. Ils maitrisent les enjeux de l'énergie, ils ont les capitaux nécessaires pour investir dans les nouvelles énergies et la taille suffisante pour absorber n'importe quelle entreprise ayant misé avant l'heure sur le renouvelable (ce qu'ils font déjà).
Pour toutes ces raisons je continuerai à investir sur Total (c'est aussi le cours que je maitrise le mieux) et je pense que les gros actionnaires vont avoir tendances à raffler les titres de tous les petits porteurs indécis en diffusant largement que "la fin du pétrole est prévue dans 30ans" !
Salutations,
Truella
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bonsoir Zamiatine,
meilleurs voeux pour 2008 !
Je vais essayer d'apporter qq éléments de réponse que j'ai pu lire par ci par là.
1) Les banques ont effectivement un problème de liquidité. Elles ont accordé des financements (LBO, CLO...) très importants avant que la crise n'éclate. D'habitude elles vendent des papiers monétaires sur le marché financier et se "débarrassent" ainsi des créances, notamment des créances douteuses. Le pb aujourd'hui c'est qu'avec la crise de confiance, plus personne ne veut acheter de papiers monétaires à risque car plus personne n'a confiance en qui que ce soit, même aux banques ayant pignon sur rue.
Quel rapport avec les résultats de banques qui, il est vrai, sont très importants et ont énormément progressé ces dernières années ? tout simplement que les créances douteuses représentent une somme très importante au regard des résultats des banques. Les provisions pour perte peuvent représenter toute une année de résultat voire plus !! Les bénéfices records ne compensent pas forcément les créances douteuses en totalité.
2) la crise que nous traversons est d'abord une crise de crédit classique. Trop de crédit ces dernières années, notamment aux USA dans le secteur immobilier. Si bien qu'aujourd'hui on se rend compte que certains crédits ne valent pas autant qu'espéré. Les entreprises et donc les marchés financiers doivent donc prendre acte de ses dépréciations et la valeur des actifs diminuent d'autant.
Mais normalement, une fois que les dépréciations ont été impactées à la fois dans les comptes des entreprises et dans les actifs boursiers, le marché doit revenir à la normale, cad la liquidité doit revenir. Or aujourd'hui ce n'est pas le cas. Pourquoi ? car les acteurs n'ont pas confiance les uns envers les autres. Ils pensent que de nouvelles dépréciations vont avoir lieu. Or on n'en sait rien, c'est juste des suppositions. Les banques centrales fournissent des financements, mais si personne ne reprend confiance, cela n'aura qu'un impact faible et court termiste car les banques continuent à se méfier. Espérons que la publication des résultats 2007 des banques, notamment américaines, permettent à tout le monde de voir plus clair et de tourner la page des Subprime !
3) concernant le prix du baril, il n'y a pas que le peak oil qui joue. Et à mon avis actuellement il ne joue pas tant que ça. Les opérateurs n'ont pas forcément à l'esprit un pb qui arrivera dans 50 ans.
Des pbs géopolitiques, des pbs d'approvisionnements et de raffinage jouent bcp sur le prix. Un autre phénomène est l'arrivée des fonds jouant les "commodities". Ils font monter les prix. D'autant plus qu'actuellement ils sont à la recherche de performances décorrélées des autres marchés (taux, actions, change) qui subissent des secousses importantes et très rapides. Un dernier phénomène est que le pétrole permet de se couvrir contre la baisse du dollar. Ainsi les prix du baril montent encore et encore...
En espérant que ces info te servent, à bientot !
Pour les points sur les banques, mon questionnements viens en fait d'une distortion de comportement entre les marchés et ce qui nous est dit sur les banques.
On a affaire à une baisse contenue, régulière, une belle baisse qui ne traduit pas normalement un affolement spéculatif mais plutôt quelque chose de régulier, de mesuré. Et çà, c'est en contradiction avec le sujet de la baisse.
Sur l'importance aussi,
- Soit, les banques exagèrent leurs pertes en mettant sous le titre "subprime" tous les cadavres qui trainent dans leurs placards depuis plusieurs années....Et gonflent la barque pour pouvoir après se reglorifier de la façon magistrale dont ils se sauront sauvés d'une situation catastrophiques....technique utilisée dans toutes les entreprises par les staffs dirigeants pour justifier entres autres des stocks options enormes.
- Soit ces mêmes banques ont mentis aux marchés depuis plusieurs années sur la réalité de leur situation.
Dans les 2 cas, il y a ou il y a eu manipulation des marchés. ....
Pour ma remarque sur le pétrole, merci pour ta réponse, elle a le mérite d'être courte claire et d'en apprendre plus que nombre de bouquins.
En fait, la situation est catastrophique, non pas pour les producteurs, mais surtout au final pour les consommateurs...